Le massacre du peuple syrien, par Jacques Jeanteur
Alors que les massacres s’intensifient en Syrie sous les ordres de Bachar El-Assad et de son régime corrompu, la Russie et la Chine continuent à empêcher l’ONU d’intervenir pour éviter la poursuite du massacre de milliers d’innocents. La ligue arabe vient de demander l’envoi de casques bleus, mais il semble que rien ne puisse apaiser la soif sanguinaire de ces bourreaux qui torturent, tuent et terrorisent sans aucune limite. Alors qu’il s’agit au départ d’une révolution populaire, de la jeunesse notamment, le pouvoir cherche à la transformer en guerre civile de religions. Après Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak en Egypte et Mouammar Kadhafi en Lybie, il reste à souhaiter le départ au plus vite de Bachar El-Assad. Tous sont responsables de crimes contre l’humanité et de corruption massive. En Russie, Vladimir Poutine s’associe à ces comportements et ternit de plus en plus l’image de son régime. Des dizaines de milliers de russes manifestent contre le régime. Président de 2000 à 2008, puis premier ministre de 2008 à 2012, Vladimir Poutine se représente à l’élection présidentielle du 4 mars. Jean-Christophe Ploquin dans « La Croix » parle « d’une omniprésence à la tête de l’Etat qui souligne la captation du pouvoir politique et de tous les rouages du système par un clan lié aux services de sécurité. » De son côté, François Sergent, dans « Libération » écrit : « On connait les raisons des régimes chinois et russe qui ne veulent pas que le précédent syrien autorise le reste du monde à s’intéresser à ce qui se passe au Tibet, en Tchétchénie ou en Ossétie. Ce veto opposé par la Russie devrait interpeller ses partenaires du G8. Le couple au pouvoir à Moscou partage-t-il les mêmes principes que la communauté des nations ou de la Ligue arabe, qui a fini par renier ses années de défense des dictatures. » Je me souviens qu’il y quelques mois des français qui revenaient de Syrie défendaient le régime de Bachar El-Assad et disaient que la réalité sur place ne correspondait absolument pas aux informations données en boucle dans le monde. Le régime en place était suffisamment habile pour faire croire que tout allait bien. Il en avait été de même en Tunisie et en Egypte. Désormais la répression sanglante est évidente et confirmée en images. Plus de 6.000 morts sont déjà dénombrés. Il faut arrêter le massacre !
Dans un journal du Caire rapporté dans « Courrier International », Yassine Al-Haj Saleh, célèbre intellectuel opposant syrien s’inquiète du risque de guerre civile et de tueries confessionnelles. Il s’explique ainsi : « D’un point de vue structurel, la violence reste le seul moyen de s’imposer contre le régime sur son propre terrain, et cela s’accompagne d’une religiosité revendiquée comme base de l’indépendance intellectuelle, par rapport au discours nationaliste arabe utilisé par le parti Baas. L’islamisation grandissante dans certains des foyers de la révolte soulève des inquiétudes pour la Syrie de demain, où une domination communautaire (sunnite) pourrait en remplacer une autre (alaouite). En outre, quand la violence est pratiquée par des civils, elle peut conduire au chaos et aux règlements de compte…Un nouveau sens de la politique et de l’action publique se révèle parallèlement aux tendances violentes et religieuses. Il marque aussi une rupture avec une opposition traditionnelle lente à comprendre et à agir. »
La ligue arabe avait souhaité réglé le problème syrien entre arabes. Mais, le comportement du dictateur et de son parti ont rendu inévitable l’internationalisation dela crise. Lesoutien inconditionnel et puissant de l’Iran à la Syrie internationalise encore plus ce conflit et le radicalise. Un pays comme la France est amené à inverser une fois de plus sa politique. En décembre 2010, c’est-à-dire il y a un peu plus d’un an, Monsieur et Madame Assad étaient reçus à dîner à l’Elysée. Le dictateur avait été invité au défilé du 14 juillet 2008. De son côté, Kadhafi avait été reçu à l’Elysée avec tous les honneurs en décembre 2007 et Michèle Alliot-Marie avait passé ses vacances de Noël 2010 en Tunisie. Il est donc urgent que la France retrouve une ligne diplomatique crédible dansla durée. Incontestablement, Alain Juppé incarne depuis son arrivée une stabilisation et une cohérence diplomatique qui avaient tant manqué avant son arrivée au quai d’Orsay. Massacrer des enfants, interdire de soigner les blessés, torturer ceux qui ne se soumettent pas est indigne de l’humanité. Il faut clairement éradiquer Assad de la carte du monde et cesser de cajoler les dictateurs de tous pays, même si des intérêts économiques sont en jeu.
Jacques JEANTEUR



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